16janvier

PMO, kézako ?

Les espagnols me surprendront toujours par la manière dont ils imagent certaines actions. Voici le dernier exemple en date : PMO
C’est l’abréviation de Pasa el Muerto a Otro, ce qui pourrait se traduire par passe le mort à quelqu’un d’autre ! En français nous dirions passe la patate chaude à quelqu’un d’autre ou encore jeter le bébé avec l’eau du bain.

Dans le domaine de l’informatique voici deux traductions françaises de termes anglais qui commencent à se démocratiser par leur usage.
hameçonnage pour phishing
espiogiciels
pour spyware

espiogiciel est la contraction de logiciel espion.
hameçonnage a été imaginé par l’Office québécoise de la langue française.

Ces deux mots ne figurent pas encore dans le lexique que consacre l’Académie française au vocabulaire de l’informatique et de l’internet. Chez Primoscrib nous ne les utilisons pas dans nos traductions sauf si notre client nous demande expressément de ne pas inclure les mots anglais.
Certes comme vous avez pu le constater à travers ce blog nous ne sommes pas favorable à une utilisation abusive des anglicismes néanmoins il faut agir avec discernement et tenir compte du contexte et des usages qui se sont développés dans le domaine d’application du texte à traduire.

Depuis quelques temps, un mot semble s’être imposé pour désigner quelqu’un de connu, de très médiatisé, de préférence beau, riche et avec un côté artiste. On dit de lui que c’est un "PEOPLE". Ce mot a détronné les habituels "jet-setter ou star". Certes, les anglicismes ont toujours existé et font partie intégrante de l’évolution de notre langue. Ils sont bien pratique pour traduire un mot anglais … sans le traduire et souvent avec une déformation de sens.
Mais avec le mot "PEOPLE" on assiste à une dérive plus grave, avec la création d’un nouveau mot "PIPOLE", désormais utilisé à l’écrit en lieu et place de "people". C’est ce que l’on appelle un abus de language. "Pipole" est employé à toutes les sauces, même dans des publicités pour des magazines s’affichant dans le métro parisien.

Pourquoi avoir ainsi franciser l’orthographe d’un mot anglais ? Tout simplement  pour pallier le faible niveau d’anglais de nos concitoyens. Et oui, le "eo" de "people" n’est pas facile à prononcer et encore moins à écrire la première fois. Alors plutôt que de forcer les gens à faire un effort de compréhension et d’enrichir leur vocabulaire anglais, les professionnels de la communication ont préféré céder à la facilité et pousser les gens sur la pente savonneuse du massacre orthographique.
Que l’on emploie "pipole" pour le nom d’un site web ne me choque pas mais qu’on l’utilise à l’écrit comme un nom commun, je dis STOPPPPPPPPPPP !
Agir ainsi revient à passer l’orthographe par la fenêtre et à "labéliser" les fautes.

Nous constatons déjà les signes avant-coureurs de telles dérives dans notre profession. Nombreux sont les jeunes traducteurs qui font des fautes d’orthographe à tour de bras et qui sont incapables de se corriger.
Bien écrire et jouer avec la langue demande de respecter certains principes alors faisons des efforts.
Il serait intéressant de connaitre la position de nos "immortels" sur ce sujet.

Voici la suite de notre série de billets consacrés aux principes de base qu’il est important de connaitre avant de traduire ou de faire traduire.

Règle n°2 : Le traducteur doit toujours traduire dans son ou ses domaines de spécialisation.

Dès lors que le texte à traduire n’est pas d’ordre général, il convient de bien définir le sujet du texte, le domaine d’activité ou le métier auxquels il se rattache. Par exemple, il peut s’agir d’un contrat de partenariat entre deux sociétés dans le domaine de l’industrie pharmaceutique. Le traducteur devra donc avoir une culture juridique mais également métier afin de maitriser les termes techniques spécifiques à cette industrie.
Un traducteur ne peut pas maitriser tous les domaines et il est amené durant sa carrière à se spécialiser. Il développe ainsi une connaissance approfondie du vocabulaire et des particularités linguistiques qui émaillent de chaque métier. Il se constitue des bases de connaissances (par exemple des glossaires, des dictionnaires) en rapport avec ses domaines de traduction. Ces types de ressources linguistiques permettent au traducteur d’être plus performant dans son travail et même parfois de mettre à jour certaines erreurs dans le texte d’origine.
Cultiver une expertise dans un domaine, suivre son évolution et travailler régulièrement sur des textes s’y rattachant, telles sont les clés de la réussite d’un traducteur.

Chez Primoscrib, tous les traducteurs avec lesquels nous travaillons sont référencés par domaine de spécialisation. Nous connaissons exactement le profil de chacun et les types de traductions qu’il maîtrise. Néanmoins, au démarrage de chaque projet, nous cherchons toujours à savoir si notre client n’a pas des ressources linguistiques qui pourraient aider le traducteur dans son travail. Trop souvent les entreprises hésitent au départ à formuler leurs préférences en terme de vocabulaire ou à transmettre des documents permettant de bien comprendre le contexte de la traduction.
C’est un tort, mieux vaut un peu plus d’informations que le contraire. De tout manière, un bon traducteur saura vite faire le tri entre ce qu’il connait déjà et les nouveaux éléments à prendre en compte.

Tout est résumé dans le titre de ce billet. Combien de nos clients nous appellent pour réaliser des traductions volumineuses le jour pour le lendemain voir le matin pour le début d’après-midi ? Je sais bien que Primoscrib est là pour faire notre maximum afin de trouver une solution mais parfois les limites du possible sont atteintes.

Toutes nos traductions sont réalisées par des humains qui ont des limitations en terme de capacité de travail. Un traducteur professionnel traduit entre 2000 et 2500 mots par jour selon la complexité du texte. Pour une relecture il faut compter 4000 mots par jour. Au dela de ces quantités la qualité n’est plus garantie et le travail ne peut pas être réalisé par un seul traducteur.
C’est pourquoi sur des projets avec énormement de mots à traduire et des délais très courts nous mettons en place des équipes projets avec plusieurs traducteurs et des relecteurs pour assurer la cohésion terminologique de l’ensemble.
Mais sur les textes courts il est impossible de scinder le travail entre plusieurs traducteurs sous peine d’avoir trop d’incohérence dans le document final. Ainsi quand on nous demande de traduire 5000 mots le matin pour l’après-midi, c’est impossible ! Ce n’est pas une question de prix, c’est simplement humainement infaisable.

Il faut absolument que les clients prennent conscience que la réalisation d’une traduction demande un temps incompréssible et qu’ils doivent prévoir ce temps dans le planning de leur projet. Même si la partie traduction vient en bout de chaîne dans la réalisation du projet ou du produit, elle doit être intégrée dès le début.
Nous essayons de sensibiliser nos clients à ce sujet et de les aider à anticiper leurs besoins mais beaucoup de chemin reste à parcourir pour arriver à ce que la traduction soit reconnue comme une partie non négligeable d’un projet.

Pour attaquer le dernier trimestre de l’année nous allons démarrer une série de billets consacrés aux principes et notions fondamentales qui s’appliquent à toute traduction.
Comme en rugby, il est important de toujours rappeler les fondamentaux et de s’attacher à les respecter. Ces pré-requis sont souvent méconnus des entreprises qui font réaliser des traductions et certaines agences de traduction peu scrupuleuses en profitent pour fournir un service de piètre qualité.

Règle n°1 : Le traducteur doit toujours traduire dans sa langue maternelle.

Seule une personne qui a grandi en apprenant une langue, qui s’est imprégnée des nuances et des particularités linguistiques depuis son enfance, est capable de restituer le texte à traduire dans sa langue. Méfiez vous des traducteurs qui se prétendent bilingues et se disent capables de traduire dans les deux sens. Sauf très rares exceptions : c’est faux.
Je vais prendre l’exemple de ma compagne qui a la double nationalité, française et espagnole. Elle est née en France, ses deux parents sont espagnols et ils sont arrivés à Paris à l’âge de 20 ans.
Elle maîtrise parfaitement l’espagnol qu’elle a appris avec ses parents et dans une école espagnole à Paris. De plus, elle parle le parle en famille et dans son travail (elle n’est pas traductrice !).
Et bien malgré cela quand nous allons en Espagne, elle apprend toujours de nouvelles expressions, tournures grammaticales et évolutions de la langue. Alors imaginez pour un traducteur qui traduit dans une langue qui n’est pas la sienne quel pourra être le résultat de son travail. Ajouter à cela que bien souvent il n’habite pas dans le pays en question. Cette question a déjà été évoquée dans un précédent billet.

Par ailleurs méfiez vous par qui vous faites relire en interne dans votre entreprise la traduction. En effet un français qui relirait de l’anglais n’a pas plus de crédit qu’un traducteur français qui aurait traduit en anglais.

Voici une info qui prête à sourire. Normal Primoscrib réserve l’exclusivité de ses prestations à Fabien Bartes !

COLOGNE (Reuters) - Les journalistes qui espéraient lire dans les pensées dusélectionneur ukrainien Oleg Blokhin avant le huitième de finale contre laSuisse lundi ont été déçus.

La sélection ukrainienne n’a pas été en mesure de fournir de traducteur enanglais pour la conférence de presse de Blokhin, qui a tourné court faute dequestions et, surtout, de réponses intelligibles.

"Il nous faut un traducteur", a lancé un journaliste alors que Blokhin quittaitla pièce.

"A moi aussi", a répondu le sélectionneur ukrainien… en anglais.

17mai

Le globish

Un article paru dans le magazine Management du mois de mai a attiré mon attention et m’a un peu déçu de la part du journal. On vous explique comment "Oubliez vos complexes en anglais" en parlant globish.
Bon, je vous résume ma compréhension de la "globish attitude" après la lecture de l’article :
Tu parles anglais comme une "vache espagnole", tu fais 2 fautes de grammaire par phrase et tu as 100 mots de vocabulaire … pas grave, le globish va te sauver. Comment faire ? Déja, tu ne parles qu’avec des plus nuls que toi, comme cela tu te sentiras bon, ensuite tu ne fais surtout pas d’efforts quand tu rencontres de vrais anglophones pour qu’ils voient que tu es vraiment une "truffe" dans la langue de Shakespeare et qu’ils soient obligés de s’adapter à ton faible niveau.

J’arrête là mes moqueries. Sérieusement, mon conseil : n’utilisez surtout pas le globish au risque de vous enfermer dans un anglais médiocre, de prendre des défauts difficilement corrigeables, de n’être compris que par d’autres "globishers" et au final, de ne jamais progresser et parler un anglais correct.

Je vous parle d’expérience pour avoir travaillé dans des sociétes  étrangères avec l’anglais comme langue officielle et où, à force de parler avec d’autres globishers (allemand, indien, espagnol), le jour où vous devez prendre la parole devant une assemblée d’anglais et d’américains, vous êtes en proie à un énorme doute sur votre anglais.
Le plus préjudiciable, c’est votre capacité de compréhension lors de la lecture d’articles rédigés outre-Manche , vous en êtes souvent réduit au déchiffrage !

Alors stop au globish et vive l’anglais, que ce soit celui de Blair ou celui de Bush, faîtes des efforts et vos interlocuteurs vous le rendront.
C’est bien français que de toujours chercher la facilité ou la méthode qui cautionne l’échec, du style : "moi je viens pour voir et participer, pas pour gagner !"

Un client nous a demandé de traduire un terme en arabe, ce que nous avons (bien sûr !) fait ! Ne connaissant pas trop cette langue mais surtout comment elle "fonctionne", voici ce que j’ai appris : en arabe, il existe quatre façons d’écrire les lettres selon leurs positions :

  1. les lettres isolées
  2. en début du mot
  3. au milieu du mot
  4. à la fin du mot.

Il faut donc faire attention car si les lettres arabes sont écrites chacune d’une manière isolée et mises l’une à côté de l’autre, l’arabe n’est plus lisible et le lecteur devra recoller les lettres pour comprendre le texte qu’il est en train de lire ! Je vous joins un exemple illustrant mes propos Download exemple_AR.doc

Bonne lecture ;-)

L’accord du participe passé avec le C.O.D., vaste programme… nous venons d’y faire face aujourd’hui lors de la livraison d’une traduction ANG/FR : la règle est normalement simple : si le C.O.D. est placé avant le participe passé alors celui-ci s’accorde. Seulement, dans la traduction, le C.O.D. est non seulement placé après le participe passé mais nous sommes dans le cas d’une forme pronominale, donc qui l’emporte ? La forme pronominale ou bien le C.O.D. (même placé après !) ??… et bien ni l’un, ni l’autre, le participe passé reste invariable ! Voici l’exemple pour illustrer : "environ deux fois plus d’équipes se sont disputé ce prix…" On aurait pu se dire qu’il était de bon ton de mettre "..ées" à "disputé", et bien non, ce serait faux car ni la forme pronominale ne s’applique ici, ni la règle du C.O.D. puisque celui-ci est après le participe passé.

Autre exemple :
Le participe passé s’accorde avec le COD placé avant lui  :
–> les lettres qu’elles se sont envoyées (accord avec le C.O.D.
lettres placé avant)

–> elles se sont envoyé des lettres (pas d’accord avec le C.O.D. lettres
placé après).

Même si tout ceci est acquis depuis l’école primaire, il est toujours bon de revoir la leçon !