Du haut de sa corniche, avec vue imprenable sur la cime enneigée du volcan Illimani (6,439 m), au milieu de la cordillère des Andes et non loin de la capitale bolivienne (La Paz), Stéphane, notre « traducteur-baroudeur » planche sur une nouvelle mission tout fraîchement arrivée depuis nos bureaux de Bures sur Yvette.
Voici déjà plusieurs années que Stéphane, coordinateur de l’association ParksWatch et fondateur de GreenVest, un système de dons en ligne au profit des parcs nationaux, soutient ainsi ses projets de protection de la biodiversité en Amérique Latine, où il a établi ses quartiers de manière quasi permanente depuis 2001. Le plus souvent en déplacement, ses traductions sont généralement faites dans des conditions pour le moins « empiriques »… Doté d’un panneau solaire, d’une tente barnum Quechua (la moindre des choses dans les Andes !), d’une table et chaise pliantes et en attendant l’antenne satellite qui lui permettra d’atteindre un niveau d’autonomie complet, ses traductions sont envoyées depuis des cybercafés de villages ne figurant pas sur les cartes… Certaines anecdotes survenues lors de ses missions pour Primoscrib sont d’ailleurs à dormir debout, comme on peut aisément s’imaginer en regardant les photos ci-dessous.
Dans tous les cas, et malgré les aléas occasionnellement rencontrés, l’expérience de Stéphane confirme, au cas où cela soit encore nécessaire, que le métier de traducteur se prête à merveille au voyage, voire même au nomadisme pur et dur. Si l’on ajoute à cela les nouvelles technologies d’accès à Internet, qui repoussent sans cesse les barrières du monde « connecté », le profil du traducteur globe-trotter pourrait est probablement amené à se multiplier au cours des prochaines années !



J-quelques heures avant la sortie en France du dernier tome du sorcier le plus célèbre de la planète. Vous allez me dire : mais quel est le lien entre Primoscrib et Harry Potter ? Et bien, le voici : j’ai entendu ce matin sur RTL l’interview qui a été réalisée avec le traducteur d’Harry Potter : je me suis dit qu’il serait donc intéressant d’en parler ici. Il connaît déjà tout de Harry Potter et “les reliques de la mort” qui sort vendredi. Pour cause, Jean-François Ménard est celui qui a traduit le livre original.
Cela fait neuf ans qu’il traduit les aventures du jeune sorcier : totalement libre, il a notamment la charge d’inventer de nouveaux mots pour rester fidèle à l’esprit du livre.
Quand vous lirez Harry Potter, c’est en fait (un peu) lui que vous lirez : depuis neuf ans, Jean-François Ménard est le traducteur français des aventures de Harry Potter. A 59 ans, il aura au total englouti 3 700
pages des histoires du jeune sorcier.
Mais traduire un tel livre est loin d’être une chose facile. Jean-François Ménard met entre deux mois et deux mois et demi pour traduire un tome.
“Je lis le premier et le dernier chapitre, le deuxième et l’avant-dernier. Jusqu’au centre, ce qui permet de bien orienter la traduction. Car certains mots se traduisent différemment, selon la fin” expliquait l’auteur au Monde en octobre 2005. Car Jean-François Ménard n’est pas privilégié par rapport aux lecteurs : il découvre le livre à sa sortie et n’a eu aucun contact avec J.K. Rowling, à l’origine de l’aventure.
Une des difficultés majeures est de réussir à traduire un livre truffé d’inventions et rempli de mots sortis tout droit de l’imagination de J.k. Rowling. Et parmi ces nombreux mots, le fameux “moldus” qui désigne les gens n’ayant pas de pouvoir magique. “Le mot anglais, c’est muggle, qui est un mot assez particulier. Et on vous dit que c’est un mot donc on ne connaît pas l’origine et dont on ne connaît pas non plus tellement la signification. Alors, j’ai inventé ce mot de ‘moldu’, c’est à dire quelqu’un qui est un peu mou du cerveau, qui ne sait pas très bien voir vraiment les choses derrière l’apparence” révèle Jean-François Ménard.
Inventer des mots est ce qu’il apprécie le plus dans ce métier de traducteur et baigner dans l’univers d’Harry Potter est naturel pour cet auteur de contes et de romans jeunesse.
Je reste admiratif devant un tel travail car comme le traducteur le dit lui-même, il s’agit non seulement de traduire mais aussi de créer et d’adapter les mots aux lecteurs de son pays : son travail va donc au-delà de la traduction. Je tire donc mon chapeau à M. Ménard car traduire de manière dite “classique” est déjà difficile mais traduire Harry Potter en un temps limité est vraiment un travail titanesque.
Bravo !
Le déjeuner d’hier a été pour moi de rencontrer un des traducteurs avec lequel nous travaillons régulièrement. Résidant au Brésil, à Sao Paulo, Philippe est venu participer à la dernière conférence que Proz organisait à Budapest. Il en profite pour rencontrer ses clients et partenaires lors de son passage européen. Il traduit de l’anglais et du portugais vers le français. Cela a été pour nous l’opportunité de mettre un visage sur "un mail", je ne peux même pas dire une voix car la majorité de nos échanges s’effectue via le Web (mail et/ou Skype) ! Ceci est valable dans la majorité des cas : Internet a révolutionné les échanges, les a également facilités mais a aussi minimisé les rapports humains : dans quelques rares cas, nous communiquons en effet par téléphone mais, la plupart du temps, je propose les projets de traduction par e-mail et le suivi d’effectue aussi par e-mail. Gain de temps, preuves d’envoi/réception, suivi chronologique etc. Bref, comment pourrait-on faire machine arrière ?
Nous avons donc parlé de notre collaboration, de la manière de l’enrichir et de l’améliorer, du métier de la traduction… Dicussion à bâtons rompus et surtout meilleure connaissance de la personne avec laquelle on travaille. Merci Philippe, bonne continuation dans ce périple européen. Et peut-être à bientôt pour les autres traducteurs avec lesquels nous travaillons !
Tous les mois, je reçois des mails de différents traducteurs à travers le monde me remerciant pour le paiement de leurs honoraires en temps et en heure… et tous les mois, cela continue à m’étonner et à me surprendre car pour nous, chez Primoscrib, c’est un pré-requis : en effet, nous nous engageons sur un délai de paiement sur le bon de commande que nous envoyons au traducteur dans le cadre du projet de traduction et tenons à le respecter, comme eux respectent la date de livraison qui est fixée. Comme on dit souvent ‘toute peine mérite salaire’ et nous nous efforçons donc de tenir nos engagements. Cela fait toujours plaisir mais encore une fois, je trouve cela normal et suis convaincu qu’une bonne relation commerciale client/fournisseur, outre la qualité de la prestation qui lie les intervenants est aussi et surtout basée sur l’aspect financier du partenariat. Keep commitment !
C’est en ces termes que commence un mail que vous venons de recevoir de la part d’une traductrice, Karine T.
Voici le mail, il réagissait à notre billet "Les traducteurs ne sont pas des machines" :
Traductrice professionnelle
free-lance, je tenais à vous féliciter pour votre blog. J’ai particulièrement
apprécié votre article "Les traducteurs ne sont pas des machines". Bien souvent,
pour ne pas perdre un client, les agences de traduction acceptent des projets
irréalisables et ce sont en général les traducteurs qui trinquent. Même si dans
un monde concurrentiel il n’est pas toujours évident d’imposer des délais
raisonnables aux clients, vous avez eu au moins le mérite de souligner les
données du problème.
Cela nous fait plaisir de voir que nos prises de positions suscitent des réactions positives de la part des traducteurs. Notre blog vous est ouvert et vous peuvez bien entendu commenter librement les billets mais aussi nous écrire pour devenir auteur sur ce blog.